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Verve, l’histoire du label

 

Le label fondé par Norman Granz a enregistré les plus grandes stars planétaires du jazz.

Tout a débuté en 1944 lorsque Norman Granz décida de produire des concerts évènements réunissant les plus grandes stars du jazz : ce sont les fameux « JATP » (Jazz at the Philharmonic).
Se voyant comme un ambassadeur du jazz, il n’hésite pas à faire se rencontrer sur scène des musiciens de styles différents (swing, be-bop…), de différentes générations et plutôt habitués à se produire en club que dans des grandes salles. Militant antiraciste de la première heure, Granz met un point d’honneur mélanger artistes noirs et blancs, en les rémunérant de façon égale. Il est capable d’aller décoller lui-même les étiquettes des sièges séparant blancs et noirs d’une salle de concert (quitte à se faire arrêter, comme ce fut le cas à Houston en 1955).
Le succès du premier concert à Los Angeles fut tel que bientôt la formule s’exporta avec succès à travers les USA et dans le monde, pour une vingtaine d’année.

Norman Granz, avec cette expérience d’impresario, décida de créer en 1946 la marque de disques Clef Records. Puis ce fut le tour d’une autre, Norgran Records en 1953 dont il vendit assez rapidement la licence à Mercury Records.

C’est en 1956, alors qu’il est notamment manager d’Ella Fitzgerald, que Norman Granz va créer le label Verve, dans le but premier d’enregistrer une série d’albums avec la célèbre chanteuse.

Très vite, les artistes que Granz a fait se produire en concert vont suivre, constituant au fil des années un des plus prestigieux catalogue de l’histoire du jazz : Bud Powell, Charlie Parker, Stan Getz, Billie Holiday sont alors les têtes d’affiches de la maison de disques naissante. Viendront par la suite de nombreux autres jazzmen et chanteurs célèbres : Louis Armstrong, John Coltrane, Nina Simone, Bill Evans, Oscar Peterson, Ben Webster, Lester Young, Mel Tormé, Sarah Vaughan, Jimmy Smith, Wes Montgomery… Pour n’en citer que quelques-uns.

En 1961, Norman Granz céda Verve au groupe MGM pour 3 millions de dollars. Plus tard il créera d’autres labels, comme Pablo Records. Granz fut remplacé comme producteur chez Verve par Creed Taylor qui donnera une orientation plus commerciale aux publications du label. Taylor initia notamment le raz-de-marée Bossa-Nova des années 1960 avec les albums Jazz Samba de Stan getz et Charlie Bird, puis le succès planétaire de Getz/Gilbero. Ce fut également une période ou Verve collabora souvent avec les grands arrangeurs Claus Ogerman et Oliver Nelson.

Le label a ensuite poursuivit sa voie, toujours en sachant saisir l’air du temps. C’est pourquoi certains groupes et artistes des années 60 comme The Velvet Underground, The Righteous Brothers ou encore Frank Zappa peuvent ainsi se prévaloir d’avoir été étiquetés par Verve.

Les succès s’enchaînent, la renommée est faite et rapidement le petit label va aiguiser l’appétit des principales majors. Dans les années 1970, Polygram jette son dévolu sur Verve. Ils chemineront ensemble jusqu’en 1998 et le rachat par Seagram. Aujourd’hui, les deux maisons de disque font partie d’Universal Music Group.

Loin de sombrer dans la nostalgie d’un temps révolu, le label a su croire en de nouveaux talents comme Jamie Cullum, DJ Shadow, Diana Krall ou Queen Latifah.

Norman Granz (c) William Gottlieb 1947
Norman Granz, fondateur de Verve, en 1947 (c) William P. Gottlieb / Library of Congress