Accueil>Actus>Robert Glasper : un pont entre jazz et hip-hop
Robert Glasper : un pont entre jazz et hip-hop
19 oct. 2016 • ActualitésRobert Glasper

Robert Glasper : un pont entre jazz et hip-hop

Au fond d’un studio humide de New-York en 1993, un rappeur nommé Guru travaille sur un des albums qui bouleversera le paysage musical afro-américain, « Jazzmatazz ». Cet album, né de la fusion expérimentale entre le jazz et le hip-hop, réunissait des artistes tels que Donald Byrd, Brandford Marsalis ou encore Roy Ayers. L’histoire était lancée. Depuis, de nombreux artistes tels que Robert Glasper ont perpétué cet héritage.

Il s’impose depuis quelques années comme une des figures marquantes du jazz contemporain. Ses morceaux à strates multiples, planants, surprenants, parfois disjonctés et malgré tout accessibles, trouvent aussi leur inspiration dans le blues, la soul et le hip-hop.

Initié à la musique dès son plus jeune âge par sa mère, Kim Yvette Glasper, le texan choisira d’étudier la musique au sein de la New School for Jazz and Contemporary Music à New-York. Cette étape importante lui permettra d’élargir sa palette sonore et de collaborer avec de nombreux artistes issues du hip-hop, de la soul et du R&B.

Robert Glasper

En plus de ses projets solos, Robert Glasper a contribué à de nombreux projets en tant que producteur, compositeur,  arrangeur et pianiste. En 2001, il a participé à l’élaboration du premier album d’un de pionniers de la NuSoul, Bilal. L’album fut encensé par le public et la critique, et les sonorités jazz apportées par le natif de Houston ont indéniablement contribué au succès de l’opus.

A l’instar de producteurs comme Terrace Martin ou Flying Lotus, Glasper a très vite compris qu’il pouvait promouvoir le jazz grâce au hip-hop, grâce à cette relation naturelle qui existe entre ces deux courants musicaux. Le hip-hop s’est toujours inspiré du jazz, et il faut bien admettre que cet amour est devenu réciproque.

Durant ces deux dernières années, Glasper a travaillé avec des grands noms du jazz comme Dr. Lonnie Smith et Marcus Miller, mais il a aussi contribué au succès de nombreux projets hip-hop. Il a par exemple collaboré sur le dernier album de Kendrick Lamar, To Pimp A Butterfly, qui a notamment été élu « Meilleur album de l’année 2015 » par les magazines Billboard, Rolling Stones et Pitchfork. On peut aussi noter son travail sur le premier album solo d’Anderson Paak, l’incarnation d’une nouvelle scène Soul totalement décomplexée.

ANDERSON PAAK – WATERFALLS

Robert Glasper est un des artistes les plus versatiles de sa génération. Et malgré de très nombreuses collaborations, le producteur trouve quand même le temps d’enchaîner les projets solos (ou il n’est d’ailleurs jamais vraiment seul). En plus de son hyper-productivité, Glasper a un autre talent : il sait s’entourer.  Il l’a encore prouvé cette année avec – en plus d’un album hommage à Miles Davis – la sortie de Art Science, le troisième projet de sa formation Robert Glasper Experiment. Toujours accompagné de ses fidèles acolytes (Casey Benjamin, Derrick Hodge et Mark Colenburg), le pianiste nous livre un album qui lui ressemble : ambitieux et différent.

Robert Glasper Experiment – Day to Day

La meilleure façon de découvrir l’univers de Robert Glasper est encore de se plonger dans sa discographie. La frontière entre jazz et hip-hop est bien réelle, mais elle s’affine de jour en jour grâce à des personnalités originales et ambitieuses, qui prônent une liberté artistique qui nous rappelle l’âge d’or de la musique afro-américaine.

Voir La fiche de cet artiste