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Les étonnantes reprises de Mr. Terrasson
25 fév. 2015 • ActualitésJacky Terrasson

Les étonnantes reprises de Mr. Terrasson

Dans « Take This » son nouveau disque (le premier pour le label Impulse), Jacky Terrasson s’amuse à reprendre à sa manière Somebody That I Used To Know le tube de Gotye ou Maladie d’amour d’Henri Salvador. Mais le pianiste franco-américain n’en est pas à son coup d’essai. Petite typologie de l’art de la reprise selon Jacky.

 

 1. La musique classique

Comme tout pianiste de jazz, Jacky Terrasson est aussi et surtout un fondu de musique classique. On s’en rend compte à l’évocation de certaines de ses relectures de mélodies de Francis Poulenc (Les Chemins de l’amour sur « A Paris ») ou de Maurice Ravel (Boléro sur « What Is It »). La plus vibrante d’entre elles, on la retrouve sur « Gouache ». Porté par la voix magnétique de Cecile McLorin Salvant, le Je Te Veux d’Erik Satie se consomme sans modération.

 

2. Le standard de jazz

Le passage obligé pour tout pianiste de jazz qui se mérite. Et (presque) toutes les grandes mélodies du Great American Songbook sont passées un jour ou l’autre sous la moulinette Terrasson : en solo (Just A Gigolo, Everything Happens to Me ou Cherokee sur « Mirror »), en trio (My Funny Valentine sur « Smile ») et même en quartet avec harmonica (Ruby My Dear sur « Push »). Mais s’il fallait en choisir une, impossible de passer à côté de sa relecture aussi minimaliste que qu’étonnante du légendaire Carvan de Duke Ellington sur son effort en solitaire de 2007, « Mirror ». 

 

3. Le tube pop

Stevie Wonder (Isn’t She Lovely sur « Smile), les Pink Floyd (Money sur « What It Is ») ou encore Amy Winehouse (Rehab sur « Gouache ») : quand il s’agit de retravailler les hymnes pop, Jacky Terrasson n’a pas d’à priori. Tous les genres et toutes les époques lui conviennent. Et ses deux reprises les plus originales n’ont (absolument) rien à voir : sur « Push », la transformation du Beat It de Michael Jackson en Body and Soul est tout simplement bluffante. Quant à sa relecture du Baby de l’idole des jeunes Justin Bieber (sur « Gouache »), elle est véritablement… surprenante !

 

4. La chanson française

Là encore, le pianiste franco-américain s’est approprié un beau paquet d’immenses classiques de la chanson hexagonale. L’album « A Paris » en 2000 les a évidemment cumulé : La Vie en RoseL’Aigle Noir ou encore Ne Me Quitte Pas. Charles Trenet reçoit également ses faveurs avec Que reste-t-il de nos amours ? (« A Paris ») et C’est si bon (« Gouache »). L’une des plus émouvantes ? Jardin d’hiver (sur « Smile »), une version intense du dernier tube d’Henri Salvador composé par Benjamin Biolay et Keren Ann.

 

5. L’hymne

Et c’est sans doute là qu’on retrouve la catégorie la plus étonnante. Car, comme un hommage à sa double culture, Jacky Terrasson a réinventé deux hymnes dans sa discographie. Si sa version de La Marseillaise dans « A Paris » est un petit bijou d’émotion, le lyrisme pudique (et à rebondissements) du chant patriotique America the beautiful sur « Mirror » fait oublier toutes les versions mielleuses chantées en ouverture du Superbowl chaque année.

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