Accueil>Actus>Les cinq vies de Seu Jorge
Les cinq vies de Seu Jorge
12 août. 2015 • ActualitésSeu Jorge

Les cinq vies de Seu Jorge

Depuis plus d’une décennie, Seu Jorge s’est imposé comme l’une des voix incontournables de la sono mondiale. Acteur, anti-gangster, compositeur, traducteur ou encore ambassadeur, le Brésilien semble avoir vécu plusieurs vies. A l’heure où le quadra à la voix de baryton sort le second tome de ses Músicas Para Churrasco, il est temps de faire un rappel de ses multiples exploits.

1. Traducteur

C’est à la fois le moins connu et le plus célèbre des talents de Seu Jorge. En 2002, le réalisateur Wes Anderson prépare son film inspiré du Commandant Cousteau, La Vie Aquatique. Pour la B.O., il propose au Brésilien de reprendre dans le plus simple appareil (guitare-voix) toute une série de chansons de David Bowie. Séduit, le Carioca confie néanmoins ne pas savoir chanter en anglais. Du coup, il traduit en portugais « Starman », « Life on Mars » ou encore  « Rock’n’Roll Suicide ». Enfin, traduire n’est pas l’expression idoine : le Brésilien chante un peu ce qu’il veut quand il veut. Ce qui donne de belles infidèles des paroles de Ziggy Stardust. L’exercice changera à jamais la vie de Seu Jorge : non seulement, le public tombera croc love de ces reprises libérées, mais Bowie en personne découvrira ses propres chansons sous un nouveau jour. Il affirmera que le Brésilien leur a insufflé un « nouveau niveau de beauté ».

2. Acteur

Seu Jorge a fait au final peu d’apparitions au cinéma. Mais toutes se sont révélées marquantes. La plus célèbre ? Son rôle de chauffeur de bus dans La Cité de Dieu de Fernando Meirelles, film choc de l’année 2002. De même, sa présence énigmatique dans La Vie Aquatique de Wes Anderson vaut le déplacement. Son prochain rôle ? Celui du père de Pelé, Dondinho, dans un biopic consacré au triple champion du monde brésilien. Une consécration pour ce fan de football qui confie pourtant ne pas être un as du ballon du rond. Mais magie du cinéma oblige, on n’y verra que du feu dans ce long métrage signé Michael et Jeff Zimbalist actuellement en post-production…

3. Compositeur

A force de multiplier les reprises parfaites (comme le « Rock With You » de Michael Jackson sur le disque Seu Jorge And Almaz), on en oublierait presque que Seu Jorge est capable d’écrire de formidables morceaux, tout aussi dansants qu’emplis de saudade. Sans parler de ses tubes que sont « Carolina » ou « Tive Razao », ces recueils de « chansons pour accompagner le churrasco » (dont le second tome sort ce mois-ci) abondent en surprises. A commencer par « Ela É Bipolar » où le Brésilien parle d’un amour mouvementé avec une femme dépressive: il en fait un hymne entre électro déglinguée et bossa nova post-moderne. Autre pépite du disque: « Na Verdade Não Tá » où il égratigne les accros aux smartphones et selfies.

4. Anti-gangster

Avant d’être Monsieur Jorge (traduction de « Seu Jorge ») surnom donné par le batteur Marcelo Yuka, il était Jorge Mário da Silva. Et il vivait dans une favela de Belford Roxo, dans la banlieue de Rio de Janeiro. Pourtant, jamais il n’est tombé dans tous les cercles vicieux qui peuvent tenter les jeunes Cariocas de ces quartiers. D’autant qu’il y a perdu son petit frère : le jeune garçon s’est retrouvé dans une fusillade alors qu’il était parti acheter du pain à la boulangerie. Pour ne pas succomber au piège de la vengeance, c’est grâce à la musique et notamment au soutien du saxophoniste et clarinettiste brésilien Paulo Moura que Seu Jorge a réussi à sortir la tête de l’eau et fonder son premier groupe Farofa Carioca.

5. Ambassadeur

Avec le succès, Seu Jorge est devenu l’un des symboles du Brésil à travers le monde. La preuve, quand il s’est agi de choisir un chanteur pour présenter les J.O. de Rio de 2016 lors de la cérémonie de clôture des Jeux de Londres en 2012, c’est lui que le Brésil a choisi. Très élégant dans son costume blanc, il a donné une interprétation tout en sobriété de « Nem Vem Que Não Tem » aux côtés d’Alessandra Ambrosio. De même, quand l’exigeant rappeur Talib Kweli avait décidé de faire un morceau-déclaration d’amour au Brésil (« Favela Love »), c’est évidemment Seu Jorge qu’il était allé chercher.

Voir La fiche de cet artiste