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Jacky Terrasson : Notre interview
5 juin. 2015 • ActualitésJacky Terrasson

Jacky Terrasson : Notre interview

Alors qu’il sera en concert le 9 juin prochain à l’Olympia en compagnie d’invités des plus prestigieux, le pianiste/compositeur Jacky Terrasson a bien voulu revenir pour Club U-jazz sur son parcours en quelques points.

De Berlin à Paris

Mon père, français, a rencontré ma mère, américaine, lors de ses études à l’Université de Colombia. Je suis né à Berlin car mon père y faisait son service militaire. A l’âge de 18 mois, je suis arrivé en France pour habiter à Croissy-sur-Seine où j’ai grandi.

Au lycée Lamartine

J’étais par la suite au Lycée Lamartine en spécialisation musique (à l’époque F11). Nous étions que 4 garçons pour 20 filles car nous avions aussi des cours de danse ! La formation était uniquement classique, ce qui fut très formateur. Il m’arrive de jouer encore de la musique classique. J’aimerai connaître  une quarantaine d’œuvres par cœur pour mon plaisir personnel. Je m’inspire souvent de Bach, Debussy et Ravel pour mes compositions. En ce moment, c’est particulièrement Brahms. C’est un bagage supplémentaire que l’on utilise lors des improvisations par exemple.

De Boston à Chicago

N’étant pas un élève assidu, je suis parti à Boston avant d’avoir mon Bac pour étudier à la Burklee College of Music. On m’a alors proposé de jouer dans des clubs à Chicago. J’avais 23 ans. Jouer dans un club est beaucoup plus formateur que de suivre des cours à l’école. Puis mon père a reçu une lettre me demandant de revenir en France…

Direction Rueil-Malmaison

Le gouvernement français m’obligeait à faire mon service militaire sous peine de perdre ma nationalité. Je suis donc revenu à Paris. J’ai réussi à intégrer la caserne de Rueil-Malmaison où j’étais responsable de la musique. Des garnissons de plus de 200 militaires débarquaient et je leur faisais écouter du jazz. Il m’est d’ailleurs  arrivé après certains concerts au Sunside d’avoir la visite surprise d’anciens compagnons avec qui nous discutions de notre service !

De Paris…

J’ai choisi de rester à Paris où j’ai pris un appartement dans le marais avec un piano. Je n’avais qu’un seul désir : jouer ! J’ai rencontré Alain-Jean Marie à qui je dois encore beaucoup. J’ai commencé à me faire un réseau grâce à lui et à jouer un peu partout jusqu’au 16 septembre 1990.

…à New York

C’est ce jour précis où j’ai pris un aller-simple pour New York. Je voulais découvrir le pays de ma mère. De plus, tous les musiciens de passage à Paris ne faisaient que de me parler de New York, la Mecque du Jazz.

Aller/Retour

Je connaissais peu de monde et j’étais à l’affut de concerts. Je restais un mois, puis retourner quelques jours à Paris pour me faire de l’argent qui me permettait de survivre à New York. A force de faire des Jams session, le bouche-à-oreille a petit à petit fonctionné. Un jour où je jouais dans un club fameux, un fan de chez fan m’a encouragé à tenter le concours international de piano jazz Thelonious Monk contre mon gré…  Et je l’ai remporté ! Blue Note (avec qui j’étais déjà en contact), Verve, Warner, Atlantic… tous voulaient me signer

Blue Note

Parce qu’ils étaient là dès le début, j’ai donc choisi le label Blue Note. Ils étaient de plus les seuls à me donner quartier libre. De plus, ils m’ont offert un piano en guise de bonus. Cela ne pouvait se refuser ! Cette collaboration a durée de 1994 à 2007.

Studio d’enregistrement

J’ai enregistré mes premiers albums à New York jusqu’à ce que mon agent et ami me parle dans les années 2000 d’un studio dans le sud de la France. Un lieu véritablement paradisiaque où l’on peut s’isoler totalement et être dans sa bulle. Il est situé entre Nîmes et Montpellier. Il y a de la place pour autant de musiciens que l’on souhaite. Et quand nous manquons d’inspiration, un saut dans la piscine nous rafraichit la tête avant de retourner travailler !

Paris

Je reste naturellement très attaché à Paris. Je songe même à y retourner une fois que ma fille aura grandi. Il y a une qualité de vie magnifique et puis cela fait 25 ans que j’habite New York maintenant. Qui vivra, verra !

 

Propos recueillis à Paris le 22 avril 2015 

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