Accueil>Actus>Django Reinhardt : une carrière hors du commun
Django Reinhardt : une carrière hors du commun
30 mar. 2017 • Actualités

Django Reinhardt : une carrière hors du commun

« Le jazz m’a attiré parce j’ai trouvé en lui une forme de perfection et une précision instrumentale que j’admire dans la musique classique, et que je ne retrouve pas dans la musique populaire. » Django

L’héritage que Django Reinhardt a laissé est immense, à la fois chez le peuple gitan (sa musique est devenue traditionnelle), et dans le monde du jazz en général. Chacun de ses chorus était une nouvelle histoire. Il y avait le jazz américain, et Django a fait naître le jazz français. Ses fils et des proches de la famille (comme la famille Ferré par exemple) ont contribué à poursuivre l’aventure du swing et à assurer la transmission de tout cet héritage. Son influence sur les guitaristes contemporains est phénoménale.

Dès l’âge de 12 ans, Django trouve ses premiers engagements dans les bals musette proches de la zone et joue du banjo. Entre 1922 et 1928, le jeune Django va d’orchestre en orchestre et grave ses premiers enregistrements. En 1928, sa roulotte s’embrase. Il parvient à s’en extraire mais, gravement brûlé, gardera la main gauche estropiée, l’annulaire et l’auriculaire définitivement inertes. Au long d’une rééducation de 18 mois, Django s’empare d’une guitare et invente à trois doigts une technique que beaucoup d’experts jugeront inexplicable. La légende veut que Django ait écouté du jazz pour la première fois en 1926 à Pigalle, à l’abbaye de Thélème où joue l’orchestre de Billy Arnold. Une musique non seulement exotique et nouvelle, mais promesse d’une plus grande liberté que celle offerte par le musette.Mais la véritable révélation a lieu en 1931, lorsqu’un Django guéri et son frère arpentent à pied la Côte d’Azur à la recherche d’engagements. Ils rencontrent à Toulon l’amateur d’art bohème Emile Savitry, qui s’entiche des deux frères et leur fait découvrir des disques de jazz dans son appartement.

En 1934, ils décident de fonder le mythique Hot Club de France avec Joseph Reinhardt à l’accompagnement (guitare), Louis Vola (contrebasse) et Roger Chaput (guitare). Cette formation est unique. C’est le premier orchestre à cordes français (et même, européen) à s’intéresser au jazz de cette façon, Django apportant une touche inédite.  Il sera ensuite l’un des premiers en France à comprendre le be-bop, la révolution du jazz. Ainsi, il l’intègre rapidement à ses compositions. Le Hot Club de France reprend ses enregistrements et ses tournées dès la fin de la guerre.

Afin de célébrer la carrière exceptionnelle du guitariste, nous vous proposons de découvrir 4 projets qui retracent la carrière exceptionnelle de Django Reinhardt :

Vinyle Django Reinhardt « Pêche à la mouche »

Cette compilation, inédite en vinyle, regroupe des morceaux de Django enregistrés courant 1947, peu après sa tournée américaine ainsi que des titres tirés des légendaires séances Blue Star organisées par Eddie Barclay en mars 1953, deux mois avant la disparition de l’illustre guitariste. Comme c’est le cas sur la plupart des  enregistrements de 1947, Django Reinhardt joue sur sa légendaire guitare acoustique Selmer, équipée d’un micro Stimer qui lui donne un son identique aux guitaristes de jazz américain. Son jeu donne le frisson : intensité, beauté des phrases, intention…

DJANGO_LP_5374868-1

Télécharger/Ecouter : https://Django.lnk.to/PecheALaMouche

Coffret « Django Rétrospective »

Afin de faire honneur à celui qui est probablement le seul jazzman à avoir évolué sans heurts du Swing au Bebop, une sélection sur 3 cd de 58 titres (commentés individuellement dans un luxueux livret de 76 pages) regroupe ses compositions les plus célèbres ainsi que ses standards favoris. Des photos rares ou jamais vues depuis 50 ans, ainsi qu’une préface d’Alain Antonietto satisferont aussi bien les néophytes que les “ djangophiles ” avertis.

Enfin, un réel effort a également été fait sur la qualité sonore puisque grâce au concours de la discothèque de Radio France, de nombreux titres ont été remasterisés directement à partir des 78 tours originaux. Résultat : un son moins dénaturé et plus fidèle à la réalité.

51NDH7vaqFL

Télécharger/Ecouter : https://Django.lnk.to/Retrospective

 « Django », le film

Le film « Django » sortira sur grands écrans le 26 Avril prochain. Le film d’Etienne Comar raconte le destin du tsigane en 1943, pendant l’occupation allemande. Côté casting, c’est Reda Kateb qui incarnera le rôle du célèbre guitariste.

Bande Annonce du film :

En 1943, le tsigane Django Reinhardt, véritable « guitare héros », est au sommet de son art. Chaque soir, il fait vibrer le tout Paris aux Folies Bergères avec sa musique swing, alors qu’en Europe ses frères sont pourchassés et massacrés. Lorsque la propagande allemande veut l’envoyer à Berlin pour une série de concerts, il sent le danger et décide de s’évader en Suisse aidé par une de ses admiratrices, Louise de Klerk. Pour passer, il se rend à Thonon-les-Bains, sur les bords du lac Léman, avec sa femme enceinte Naguine et sa mère Negros. Mais l’évasion est plus compliquée que prévue et Django et ses proches se retrouvent plongés dans la guerre. Pendant cette période dramatique, il n’en demeure pas moins un musicien exceptionnel qui résiste avec sa musique, son humour, et qui cherche à approcher la perfection musicale…

Rendez-vous ici pour réserver des places pour l’avant-première du film, qui se déroulera le lundi 3 Avril au Grand Rex à 20h.

 « Django », la bande-originale du film

Sur cette bande-originale, vous pourrez découvrir les œuvres de Django Reinhardt interprété par le Rosenberg Trio (Stochelo Rosenberg: guitare lead, Nous’che Rosenberg: guitare rythmique, Nonnie Rosenberg : contrebasse), qui s’est vite imposé comme la meilleure formation dans son domaine. Inspiré initialement par Django Reinhardt, son répertoire s’est étendu au classique, à la pop music et à la bossa nova interprété façon swing manouche, tout en intégrant un grand nombre de compositions. Bénéficiant, dès la fin des années 70, d’une large reconnaissance dans les communautés manouche et gitane européennes, le Rosenberg Trio tente avec succès et brio une percée internationale dans les années 80. Le Rosenberg Trio est référencé depuis plus de 25 ans maintenant comme la « quintessence du jazz manouche » et Stochelo Rosenberg est considéré comme l’un de ses meilleurs guitaristes, alliant une technique impeccable, une grande élégance et un vibrato très personnel, et mêlant virtuosité et émotion. La bande originale sera disponible le 7 Avril prochain.

DJANGO BOF_COVER