Lukas Nelson

Lukas Nelson

Depuis qu’il a créé il y a 10 ans le groupe Promise of the Real, Lukas Nelson a vu sa notoriété  s’intensifier tranquillement un peu plus chaque année. Durant cette période, le chanteur/songwriter et guitariste de 28 ans a promené son groupe un peu partout sur la planète,  accumulant les concerts, se produisant dans les plus grands festivals et se fabriquant ainsi de façon souterraine un nombre toujours croissant d’adeptes fervents.   Lukas a franchi un premier cap en 2012 en…

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Biographie

Depuis qu’il a créé il y a 10 ans le groupe Promise of the Real, Lukas Nelson a vu sa notoriété  s’intensifier tranquillement un peu plus chaque année. Durant cette période, le chanteur/songwriter et guitariste de 28 ans a promené son groupe un peu partout sur la planète,  accumulant les concerts, se produisant dans les plus grands festivals et se fabriquant ainsi de façon souterraine un nombre toujours croissant d’adeptes fervents.   Lukas a franchi un premier cap en 2012 en apportant trois chansons originales au répertoire de l’album de son père Willie Nelson, Heroes, ainsi qu’en intégrant son chant céleste aux harmonies vocales — les deux hommes ne pouvant cacher leur lien de parenté tant leur voix se mêlaient avec force et naturel. Deux ans plus tard, sa carrière a pris encore un nouvel élan lorsque Neil Young a décidé de faire de Promise of the Real son groupe de scène et de studio. Young depuis lors a servi de guide à ces jeunes musiciens reconnaissants, qui non seulement l’ont accompagné en tournée partout dans le monde mais figurent en sa compagnie sur ses deux plus récents albums.

Ces experiences ont été incontestablement décisives et inestimables, mais rien de ce qui précède ne pouvait vous préparer à la country soul cosmique de Lukas Nelson & Promise of the Real, le nouvel album éponyme du groupe — un recueil de chansons fascinantes, d’une grande authenticité émotionnelle et continuellement exigeantes paru sur Fantasy Records. De l’épique “Set Me Down on a Cloud” à l’atmosphérique  “If I Started Over,” l’album égrène des chansons interprétées de façon inspirée et toutes plus sublimes les unes que les autres.

Je savais que j’avais en stock tout un tas de bonnes chansons qui avaient la particularité de  transcender les frontières culturelles habituelles entre rock & roll et country,” explique Lukas lorsqu’il évoque  sa vision de l’album. “J’ai voulu interpréter ces chansons de la façon la plus pure et naturelle qui soit. En cela nous devons beaucoup à Neil… On a fait ce disque au sortir de deux années passées avec lui sur la route. Neil a été notre mentor, nous avons absorbé son énergie et je crois que ça s’entend. On s’est habitué à évoluer à un niveau d’expression artistique supérieur avec lui. Il nous a fait grandir.”

Lukas Nelson & Promise of the Real, produit  par John Alagia (grand spécialiste dans l’art de la mise en forme des chansons, reconnu notamment pour son travail sur de nombreux disques du Dave Matthews Band et sur  Room for Squares de John Mayer) a été enregistré aux Village Studios dans l’Ouest de Los Angeles. Le groupe Promise of the Real est aujourd’hui constitué de l’association  de ces trois complices de longue date que sont Tato Melgar (percussions), Anthony LoGerfo (batterie) et Corey McCormick (basse et voix) avec deux nouveaux venus : Jesse Siebenberg (guitares steel, orgue Farfisa et voix) et Alberto Bof (piano, Wurlitzer). Stefani “Lady Gaga” Germanotta (qui de façon très convaincante joue le rôle de Bonnie quand Lukas incarne Delaney) ajoute sa signature vocale sur les chansons “Carolina” et “Find Yourself,” tandis que Jess Wolfe et Holly Lessig, membres du duo d’indie-pop Lucius basé à Brooklyn, intègrent leurs voix aux arrangements sur 5 des 12 morceaux du disque pour des harmonies vocales extatiques teintées de gospel évoquant l’esprit d’Exile on Main St.

Les nombreuses influences du groupe sont perceptibles dés le morceau d’ouverture, “Set Me Down on a Cloud,” une chanson country-rock pleine d’âme mettant en valeur les parties vocales spirituelles de Lucius ainsi qu’un long solo de guitare de Lukas, révélant à la fois son degré de virtuosité et sa profonde musicalité.

A la fois pleine de rythme et pastorale,  la chanson “Just Outside of Austin” est traversée par un solo de guitare de Willie, tandis que la vieille tante de Lukas, Bobbi, âgée de 86 ans, joue du piano. “C’est une lettre d’amour à Austin, quelque chose que des gens comme Roger Miller ou Glen Campbell auraient pu écrire,” confie-t-il.

“Runnin’ Shine,”  est une des quelques études de caractère écrite à la première personne que comprend l’album. Dans cette chanson Lukas nous fait partager le point de vue  d’un jeune contrebandier cherchant à détourner la loi en empruntant des routes de traverse dans les Appalaches au volant d’une voiture chargée d’alcool maison.  “Tout est affaire de perspective,” explique Lukas. “Si tu parviens à te mettre dans la peau de quelqu’un et à te connecter à ses émotions, c’est très dur  de le haïr, même si tu n’es pas d’accord avec sa façon de mener sa vie.”

Deux des chansons les plus époustouflantes de l’album, “Find Yourself” et “Forget About Georgia,” retracent avec vivacité les étapes finales turbulentes ainsi que les retombées aigre-douces d’une même histoire d’amour condamnée. “Quand cette relation a pris fin, j’étais en tournée avec mon père et je devais jouer tous les soirs “Georgia on My Mind” de Ray Charles… Autant dire qu’il m’était littéralement impossible de l’oublier.” Introduite par un petit gimmick mélancolique de quatre notes joué à la guitare qui réapparaîtra tout au long  de l’arrangement, “Forget About Georgia” se déroule à la manière de “Layla” en une sorte d’épanchement de désir romantique, Lukas se fendant d’un solo de guitare rempli d’émotion tandis que le groupe en arrière plan fait feu de tous bois. Sans surprise c’est la chanson de l’album préférée de Neil Young.

Inspiré par les grandes ballades de Roy Orbison et Elvis Presley, Lukas offre une performance vocale exceptionnelle sur le thème final, “If I Started Over,” tout à la fois rumination cosmique et expression frénétique de dévotion romantique. “La chanson se demande : et si, après notre mort, on ne faisait que revenir ? Et si nous étions condamnés à refaire inlassablement le même rêve jusqu’à ce qu’on en tire finalement les bonnes leçons ?

Déjà riche de toute cette experience à seulement 28 ans, Lukas, s’il est né à Austin, a grandi  sur l’île de Maui à Hawaï, passant l’essentiel de son temps pendant les vacances scolaires dans sa ville natale ou en tournée avec son père. “J’ai eu des tas de passions durant mon enfance,” raconte-t-il. “J’ai joué au football,  j’ai fait partie de l’équipe de natation, j’ai vécu comme on doit vivre à Maui, à faire du surf et du skateboard. J’adorais aussi chanter et j’ai écrit ma première chanson à l’âge de 11 ans. Je suis devenu obsédé par la guitare, pratiquant l’instrument huit à dix heures par jour. J’ai su ce que je voulais faire très tôt dans mon enfance,  et j’ai bâti ma vie à partir de ça.” Lui et son frère Micah ont joué ensemble dans des groupes au lycée. C’est là qu’ils ont noué une forte amitié avec Tato Melgar, un musicien uruguayen d’expérience qui gagnait sa vie en tant que paysagiste, et qui les a initié à la batterie.

En 2007, Lukas est parti s’installer sur le continent pour intégrer l’université Loyola Marymount à Los Angeles. Un an plus tard, après avoir rencontré LoGerfo à un concert de Neil Young, il  a décidé de quitter l’école pour fonder un groupe avec LoGerfo, Melgar et un premier bassiste nommé Merlyn Kelly.  Il lui donna le nom de Promise of the Real, en référence à un vers d’une chanson de Neil Young écrite en 1973 “Walk On”: “Tôt ou tard tout devient réel.” Quand McCormick les rejoignit deux ans plus tard en  lieu et place de Kelly à la basse, la composition de Promise of the Real se stabilisa. Le groupe trouva sa forme, commençant à se produire sur scène à raison de 200 concerts par an environ.  Puisant leurs références chez le père de Lukas, Wille Nelson, mais aussi chez ces oncles de substitution que sont Kris Kristofferson et Waylon Jennings, et plus généralement dans les grands classiques des maitres du rock and roll comme J.J. Cale, The Band, Clapton dans sa période “Delaney et Bonnie” et bien sûr Neil Young, leur mentor — les jeunes musiciens commencèrent très vite à développer leur propre style de musique, résolument ancré dans la tradition populaire américaine.

Young se lia d’amitié avec le groupe après l’avoir découvert à Farm Aid quelques années plus tôt. “On est entré en contact avec Neil après ça, et on a commencé à communiquer par email,” raconte Lukas. “Finalement, il nous a demand d’enregistrer avec lui. C’est ce qu’on a fait sur ‘The Monsanto Years’ puis on s’est mis à l’accompagner sur scène. On est vraiment tombé amoureux musicalement les uns des autres et une chose en amenant une autre on est devenu le groupe de Neil.

Notre trajectoire est assez similaire à celle de The Band,” continue-t-il. “C’était déjà un grand groupe quand il a commencé à travailler avec Dylan, mais il lui a permis de changer de catégorie, un peu comme Neil l’a fait avec nous. En fait il a donné une chance aux gens d’entendre ce que nous faisions et ce que notre propre répertoire avait d’original. Du coup nous avons  joué dans le cadre du grand festival Desert Trip avec Neil, aux côtés de Paul McCartney, les Stones, les Who ou encore Bob Dylan. C’était juste incroyable.”

Ces deux weekends à Indio en octobre dernier se révélèrent particulièrement propices aux rencontres fortuites. “C’est à Desert Trip que nous avons rencontré Lucius,” explique Lukas. “Ils jouaient avec Roger Waters alors —et encore aujourd’hui d’ailleurs. Mais c’est quand ils sont venus au Bridge School Benefit, qu’on les a vraiment découverts. J’adore Jess et Holly—ils ont vraiment apporté une plus-value au disque.”

Bradley Cooper a également vu Lukas jouer au Desert Trip et c’est juste après qu’il l’a contacté via un ami commun pour l’aider sur son nouveau film — un remake de A Star is Bornqu’il met en scène tout en faisant l’acteur. “Au début mon aide s’est limitée à peu de choses puis je me suis mis à écrire avec Stefani (Lady Gaga), qui joue dans le film. Il y a eu une vraie connexion entre nous et on est devenu vraiment très proche. Je me suis mis à m’impliquer de plus en plus dans le film et finalement j’y ai embringué tout l’orchestre.

Ayant grandi au sein d’une famille célèbre dans le milieu musical, Lukas Nelson a appris très tôt que la véritable originalité se gagne au prix d’un travail acharné et n’est jamais donnée. Indéniablement doué pour la musique, il est non moins clair que ses qualités naturelles se sont développées par un sens du travail artisanal bien fait et la conscience aiguë  du sacrifice que toute vie réellement créative nécessite. Ravi de la façon dont les choses se sont agencées, Lukas se félicite que Promise of the Real ait su parvenir si vite à ce niveau et saisir les opportunités qui ont mené à cet album — rendant compte de façon si parfaite de ce qu’il entendait dans sa tête à peine 18 mois plus tôt.

C’est incroyable comment les choses se sont déroulées,” s’émerveille Lukas. “C’est quasi miraculeux dans un sens.