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George Thorogood

George Thorogood

George Thorogood vient au monde le 24 février 1950 à Wilmington (Delaware). Jeune homme, George Thorogood pratique le baseball avant de venir à la guitare et au blues. Il forme le groupe The Destroyers au début des années soixante-dix et prend comme ville d’attache Boston (Massachusetts). C’est là qu’il est découvert par Hound Dog Taylor, qui en fait son protégé. En 1974 il sort sa première démo Better Than the Rest - qui sortira en tant qu’album en 1979 – avant d’être propulsé à…

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George Thorogood – Party Of One
George Thorogood

George Thorogood – Party Of One

Sortie : 4 août 2017 • Label : Concord Music Group

Après avoir vendu 15 millions d’albums dans le monde entier, donné plus de 8000 concerts, et être détenteur d’un catalogue de succès dont l’authenticité et le caractère intransigeant ont fait de lui l’un des musiciens les plus prolixes et intègres de l’histoire du rock, l’auteur iconique de “bad-to-the-bone”  a peut-être signé son oeuvre la plus surprenante et créative de sa carrière longue déjà pourtant de plus de 40 ans.

Party Of One est le premier album solo de George Thorogood.

“Il y a quelques années,” raconte Thorogood, “il y avait une actrice qui avait décidé d’arrêter sa carrière parce qu’elle pensait qu’il ne lui restait plus rien à  faire. Des gens lui ont demandé, ‘Pour qui vous prenez vous ?  Katharine Hepburn? Meryl Streep?’  Et elle a répondu, ‘Pas du tout. Mais je n‘ai pas envie de me répéter.’ Personnellement je ne voudrais jamais avoir l’impression de faire des Bad to the Bone 2, Bad to the Bone 3, Rocky 5, Rocky 7, vous voyez ? Alors je me suis demandé, ‘Quelle est la chose que tu as toujours eu envie de faire et que tu n’a pas encore faite ?’ Et bien voilà le résultat.”

Party Of One est l’hommage tant attendu de Thorogood aux artistes qui ont façonné sa conscience musicale. “Je peux préciser le moment où ça a commencé” raconte-t-il en remontant ses souvenirs:   “C’était au printemps 1965, les Rolling Stones ont invité Howlin’ Wolf à participer au show TV Shindig. C’était la première fois que je goutais à quelque chose d’aussi authentique et c’était tout simplement dingue. Alors j’ai commencé à écouter des musiciens comme Wolf, Muddy Waters et Lightnin’ Hopkins, et j’ai aussitôt ressenti  le mélange de crudité et d’honnêteté qu’il y avait dans cette musique. J’entendais soudain où des groupes comme les Stones, les Yardbirds ou les Animals avaient puisé leurs références et je réalisais que tout ça était connecté. Alors quand j’ai appris à jouer de la guitare je l’ai fait en jouant sur des disques de John Lee Hooker et Bo Diddley juste pour voir ce que ça donnait. Je pensais que je pouvais éventuellement attirer l’attention des gens comme ça,  que ça validerait ma passion.”

Les fans de Thorogood et de son groupe de rock âpre et intense The Destroyers, seront peut-être surpris d’apprendre qu’il a commencé sa carrière en jouant de la musique acoustique. “J’ai longtemps été un musicien  de rue,” explique Thorogood. “Et trois mois peuvent paraître trois années quand tu traînes dans les rues de San Francisco en hiver. Mais j’ai finalement dégoté un gig en ouverture d’un concert de Sonny Terry et Brownie McGhee, le plus grand groupe de blues-folk de tous les temps. Le patron du club m’a embauché sur place. Brownie et Sonny avaient envie que je réussisse, alors chaque soir j’y allais et je jouais de mieux en mieux.”

Thorogood continue, “Durant la même période, j’ai aussi joué avec Hound Dog Taylor et Robert Lockwood Jr., qui avait appris à jouer avec Robert Johnson. J’étais un peu déchiqueté à l’époque, mais j’avais trouvé là des gens qui pensaient comme moi. Ils n’arrêtaient pas de me dire ‘Tu es sur la bonne voie, gosse, mais il faut que tu y restes. Tu peux le faire’ Au terme de toutes ces années c’est ce que cet album signifie pour moi.”

Produit par Jim Gaines — connu pour ses collaborations avec John Lee Hooker, Luther Allison et Stevie Ray Vaughan, ainsi que pour sa participation à plusieurs grands disques de Thorogood —  Party Of One est un cocktail détonant de 15 titres mêlant blues traditionnels, grands classiques et références modernes du genre. Le choix a été fait d’une instrumentation principalement acoustique – incluant guitare slide, Dobro, et harmonica. En studio, dans les conditions du “live”, Thorogood joue toutes les parties instrumentales avec un minimum d’overdubs.

Thorogood apporte une intensité toute particulière dans ses interprétations des standards de Willie Dixon (“Wang Dang Doodle”), Brownie McGhee (“Born With The Blues”), Robert Johnson (“I’m A Steady Rollin’ Man”), Elmore James (“Got To Move” et “The Sky Is Crying”) ou encore John Lee Hooker (“Boogie Chillen”, “The Hookers (If You Miss ‘Im… I Got ‘Im)”. Il donne également une version particulièrement piquante de “One Bourbon, One Scotch, One Beer”).

Thorogood intègre aussi dans son répertoire des reprises de morceaux de Hank Williams (“Pictures From Life’s Other Side”), Bob Dylan (“Down The Highway”), John Hammond Jr. (“Tallahassee Women”), Johnny Cash (“Bad News”), et rend également hommage aux légendaires auteurs-compositeurs texans Gary Nicholson et Allen Shamblin (“Soft Spot”) ainsi qu’aux Rolling Stones (Jagger/Richards’ “No Expectations”). C’est ainsi tout le spectre esthétique du blues moderne que Thorogood revisiteà travers ses grands maîtres.

“Est ce que Bob Dylan n’a pas commencé en jouant du blues?” s’interroge Thorogood. “Son premier gig, il l’a fait en première partie de John Lee Hooker à Greenwich Village. Johnny Cash et Hank Williams ont tous deux également appris la musique en écoutant du blues. Partout dans le monde les gens peuvent entrer en résonance avec la douleur que cette musique véhicule plus qu’avec toute autre émotion. C’est pourquoi le blues sera toujours intemporel.”

Un autre aspect historique de Party Of One réside dans le fait que Thorogood pour l’enregistrer est revenu dan le giron de Rounder Records, le vénérable label d’origine sur lequel en 1976 il signa son premier disque et enregistra dans la foulée le triptyque phonographique qui lança sa carrière.

“Le retour de George est un magnifique événement qui vient en quelque sorte boucler la boucle,” commente le co-fondateur de Rounder Ken Irwin. “Ce disque met en lumière tous ses talents de conteur, quels que soient le registre et le contexte, avec toute l’émotion qu’il est capable de tirer d’une guitare et de son chant. C’est un disque vraiment intime et original, mais c’est aussi  incontestablement  un disque de George Thorogood.”

L’autre co-fondatrice du label Marian Levy voit dans cet album un retour aux sources à plus d’un titre. “On aurait pu penser qu’il y aurait une énergie impossible à retrouver,” confie-t-elle, “mais on sent immédiatement dans cet album une urgence qui renoue avec le  radicalisme des premiers enregistrements des Destroyers. Par bien des aspects, je pense que cet album est un des sommets et comme la synthèse de la carrière de George.”

Pour le Vice President de A&R  Rounder Music Group, Scott Billington – qui est également le producteur exécutif de l’album – Party Of One est un document  essentiel qui permet une meilleure compréhension de l’univers d’un artiste américain unique. “Ça n’a pas été un disque facile à faire pour  George,” remarque Billington. “Il a dû se reconnecter de façon viscérale avec une période de sa vie où il découvrait qui il était vraiment. Mais quand on écoute ces chansons, on s’aperçoit à quel point il est et a toujours été un authentique musicien de blues. Dans cet album George Thorogood affirme son héritage.”

Pour Thorogood, Party Of One est une sorte de manifeste qu’il est lui-même surpris d’avoir mis plus de 40 ans à faire. “Je pense que c’est un projet que l’on attend depuis longtemps de ma part” admet-il.  “Peut-être peut-on aller jusqu’à dire que c’est le premier véritable album que je fais. Et qu’après avoir joué avec mon groupe toutes ces années, j’ai eu besoin de reconnecter mes mains et ma tête avec une énergie qui m’a permit de rendre justice à cette musique.”

Thorogood continue, “Mais je pense que les fans des  Destroyers – et de façon générale tous les fans de blues hardcore – sont prêts à se confronter à l’inattendu. Tout au long de ma carrière je n’ai cessé de dire, ‘Donnez leur juste ce que vous êtes, et ils sauront quoi en faire.’ Ce disque est ce que j’ai été, ce que je suis, et ce que je serai toujours.”