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Dianne Reeves

Dianne Reeves

Dianne Reeves est née le 23 octobre 1956 à Détroit dans le Michigan et passe son enfance à Denver, où elle grandit dans une famille de musiciens et mélomanes. Développant très tôt une passion pour le chant, son oncle lui fait découvrir les grandes chanteuses de jazz : Carmen McRae, Billie Holiday ou encore Ella Fitzgerald. Puis, le bugliste et trompettiste Clark Terry la découvre alors qu’elle chante dans l’orchestre de son lycée à Denver. Elle n’est âgée que de seize ans, mais…

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Dianne Reeves – Light Up The Night – Live In Marciac
Dianne Reeves

Dianne Reeves – Light Up The Night – Live In Marciac

Sortie : 15 septembre 2017 • Label : Concord Music Group

Ceux qui la suivent depuis ses débuts le savent, ceux qui la découvrent en seront convaincus : Dianne Reeves donne la pleine mesure de son talent et de sa personnalité sur scène. Il y a vingt ans déjà, son album live au New Morning avait marqué les esprits : dans le club parisien de la rue des Petites Ecuries, les témoins de cette soirée flamboyante s’en souviennent. Et heureusement, tous ceux qui purent écouter l’enregistrement de ce concert mémorable de 1996 en ont eu la preuve tangible : Dianne Reeves, la femme et l’artiste, s’épanouissent dans la magie de la communion avec les musiciens et le public.

Vingt ans après, c’est à Marciac, autre lieu emblématique de la planète jazz, que l’on retrouve la native de Detroit, cinq fois récompensée d’un Grammy Award, toujours irradiante de technique et de générosité, plus maitresse encore de ses sentiments, des nuances instillées dans ses interprétations. Dianne Reeves est de la trempe des plus grandes.

Le 9 août 2016, avec son groupe – Peter Martin (piano), Romero Lubambo (guitare), Grégoire Maret (harmonica), Reginald Veal (basse), Terreon Gully (batterie) -, l’ex protégée de Clark Terry monte sur la scène du grand chapiteau de Marciac dans une robe flamboyante.

Comme toujours, elle s’empare du lieu dans l’instant, saisit l’auditoire par sa présence et sa prestance. Dianne Reeves est une immense voix féminine du jazz, ample, chaleureuse, enveloppante. Ses preformances projettent une humanité, une vérité qui induisent une relation unique avec son auditoire. Ce soir-là, son répertoire est éclectique, moins exclusivement jazz qu’à ses débuts. Et lorsqu’elle se lance dans une relecture de « Dreams », un thème de Stevie Nicks pour Fleetwood Mac, c’est pour mieux en faire ressortir les qualités mélodiques. Pop, rythmes afro caribéens et brésiliens font depuis longtemps partie de sa palette. Ses inflexions, la puissance de son chant, son scat virtuose emportent la chanson dans une autre dimension, vocale et musicale : en moins de cinq minutes, Marciac chavire.

Concert final d’une tournée européenne triomphale, ce live renvoie immanquablement ses fans à l’impression laissée par sa formidable performance captée vingt ans plus tôt au New Morning : un album marquant dans sa discographie, succès public et critique, qui rendait enfin justice à une artiste épanouie en concert, contrainte dans l’espace du studio. Dès le deuxième titre, aux accents brésiliens, soutenu par son complice le magnifique guitariste Romero Lubambo (avec qui elle avait tourné en duo, il y a quelques années), Dianne Reeves dialogue avec l’auditoire, les engraine dans une parade vocale ludique et joyeuse.

La petite fille qui se souvient de ses neuf ans (« Nine »), en a cinquante de plus ce soir d’été 1996, mais célèbre une jeunesse éternelle, les petits bonheurs de la vie, avec une nostalgie bienveillante. A la manière d’un Al Jarreau, sa technique est au service d’une philosophie hédoniste, du partage, charnelle et spirituelle à la fois.

Qu’elle chante ses propres textes sur une composition de Wayne Shorter (« Infant Eyes »), ou ceux d’Oscar Brown Jr. sur le « All Blues » de Miles Davis (une séquence en miroir avec la rythmique, où elle se lance dans une improvisation d’une virtuosité étincelante), Dianne Reeves est d’abord une musicienne, au milieu des siens. Et si sa formidable technique (variété des registres, majesté de l’élocution) lui offre toutes les possibilités, c’est toujours au service de l’émotion. Une âme qui avec le temps s’est parfois teintée de gravité (de sagesse ?), comme en atteste le poignant « Cold » (sur la fin d’une histoire), mais où l’amour des autres, de la vie, ressurgit plus fort encore, comme sur le solaire « Beautiful » et son message universaliste et positif sur la nature humaine, avec une générosité qui rappelle ses grandes devancières, Dinah Washington, Carmen McRae ou Ella Fitzgerald.