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1967 : une des années les plus prolifiques de Blue Note
2 mar. 2017 • Actualités

1967 : une des années les plus prolifiques de Blue Note

Dans les années 60, le label Blue Note est à l’apogée de sa créativité. Grâce à la musique, bien sûr, mais grâce aussi à un son qu’Alfred Lion a trouvé en collaborant avec un ingénieur qui va devenir une légende : Rudy Van Gelder. Même s’il a travaillé pour la plupart des grands labels de jazz, le nom de Rudy Van Gelder restera attaché à Blue Note comme celui du graphiste Reid Miles le sera aux pochettes du label. L’année 1967 fut particulièrement riche pour le label. Avec plus d’une trentaine de sorties, cette année a marqué l’histoire de Blue Note. Nous avons donc décidé de vous faire (re)découvrir 5 albums classiques !

ALLIGATOR BOGALOO by Lou Donaldson

ALLIGATOR BOOGALOO

Voilà peut-être le plus grand succès de Lou Donaldson. Grâce au titre éponyme de l’album, le saxophoniste est rentré dans le club très fermé des Jazzman ayant vendu plusieurs millions de disques grâce à un seul morceau.

Lou Donaldson avait commencé son aventure chez Blue Note dès 1952, avec la sortie de « New Face, New Sound ». A l’époque, il était déjà possible déceler la volonté de l’artiste : rendre le Jazz plus « accessible » en lui faisant traverser des frontières inconnues. Lou Donaldson est un des pionniers du « Hard Bop », qui n’est autre que l’héritier du « Be Bop ». Ce style se caractérise par l’importance d’une rythmique au tempo beaucoup plus emporté.

Pour cet opus, Lou s’était entouré des meilleurs : Lonnie Smith, Charles Earland, Leon Spencer Jr. ou encore Georges Benson. Le saxophoniste a composé trois des six titres de l’album. C’est notamment grâce à « Alligator Bogaloo » que le style de Lou s’est affirmé. Si l’influence de Charlie Parker pouvait se ressentir au début de sa carrière, cet album lui a permis de trouver un style propre et aisément reconnaissable.

SLOW DRAG by Donald Byrd

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En 1967, Donald Byrd était un homme très occupé. En parallèle de sa carrière, le trompettiste donnait des cours d’ethnomusicologie dans plus de 4 universités américaines, dont l’université d’Howard. Il est devenu un des théoriciens les plus reconnus en termes de musique afro-américaine. Cette étape fut très importante dans sa carrière. C’est à ce moment charnière que Donald Byrd a commencé à trouver son style si particulier.

Sorti 6 ans avant son plus grand succès, « Black Byrd », l’album « Slow Drag » contenait déjà tous les ingrédients qui caractérise le style du trompettiste : un mélange explosif de « Hard Bop » et de Soul. Sur « Slow Drag », le trompettiste est accompagné par Sonny Red, Cedar Walton, Walter Booker et Billy Higgins. Même si ses choix audacieux n’ont pas forcément ravi les puristes du Jazz qui l’avaient vu démarrer dans les pas de Clifford Brown, le son de Donald Byrd reste inscrit dans la mémoire du jazz comme l’une des marques indélébiles et incontournables du mouvement « Hard Bop » dont il fut l’un des trompettistes les plus caractéristiques.

 THE RIGHT TOUCH by Duke Pearson

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Duke Pearson est sans doute l’un des Jazzman les plus sous-estimés. Avec plus de 17 albums à son actif (en tant que leader), le pianiste et compositeur a prouvé qu’il avait sa place au Panthéon du Jazz. Duke aura collaboré avec les plus grands tout au long de sa carrière. Sur l’album « The Right Touch », nous pouvons retrouver la participation de Freddie Hubbard, Stanley Turrentine, Gene Taylor ou encore James Spaulding.

Cet album est aujourd’hui considéré comme l’une des plus grandes réussites de la carrière de Duke. Il a réussi à prouver que son jeu pouvait être aussi habile et délicat que celui de Duke Ellington, et qu’il pouvait être aussi harmonieux que Bill Evans. « The Right Touch » a également démontré ses talents de compositeur. Les six morceaux qui composent l’album mélange les sonorités Blues, Latin Jazz et « Late Bop ».

TENDER MOMENTS by McCoy Tyner

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Après des débuts aux côtés de Calvin Massey puis dans le Jazztet d’Art Farmer et Benny Golson et d’autres collaborations (Sonny Rollins, Max Roach, Kenny Dorham), McCoy Tyner entre dans le quartet de John Coltrane. Présent sur « My Favourite Things », il développe une relation forte avec le saxophoniste.

« Tender Moments » est le premier album de McCoy Tyner en tant que leader. Peu de temps après avoir quitté le quintet de Miles Davis, le pianiste a réuni une formation aussi talentueuse qu’impressionnante : de Lee Morgan à James Spaulding, en passant par Howard Johnson et Bennie Maupin. Cet album a permis au pianiste d’affirmer son style.

« Tender Moments » est une véritable exploration de couleurs et de textures qui passe par les arrangements réservés à un grand ensemble. McCoy Tyner conjugue à merveille ses talents de compositeurs aux talents de solistes de ses musiciens. Le pianiste en profite également pour rendre hommage à un de ses idoles, Thelonious Monk, qui a largement inspiré la création de la chanson « Utopia ».

OBLIQUE by Bobby Hutcherson

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Sous l’influence de Milt Jackson, le jeune Bobby Hutcherson se perfectionne à la pratique du vibraphone auprès de Dave Pike et, après un passage dans l’orchestre de son ami le bassiste Herbie Lewis, quitte les études pour se produire dans les clubs derrière Charles Lloyd et bien d’autres. Ses premières séances d’enregistrement pour Les McCann et le duo Curtis Amy-Frank Butler, en 1960.

Remarqué par Jackie McLean qui l’invite à jouer sur One Step Beyond, Hutcherson multiplie les collaborations, notamment avec les stars de Blue Note. Le vibraphoniste le plus demandé remporte en 1964 le référendum annuel de Down Beat et effectue sa première sortie en leader l’année suivante avec l’album « Dialogue », auquel participent Freddie Hubbard, Sam Rivers, Andrew Hill et Joe Chambers, qui devient un partenaire régulier.

« Oblique » est aujourd’hui considéré comme un des plus grands enregistrements de Bobby Hutcherson – et une séance qui n’est jamais sorti à l’époque! L’album a été enregistré en 1967, mais est sorti seulement au Japon à la fin des années 70, puis plus tard aux États-Unis. « Oblique » est une excellente session en quartet, qui est dans l’esprit des meilleurs moments de Bobby sur Blue Note. Ce fameux quartet était composé de Herbie Hancock au piano, Albert Stinson à la basse et Joe Chambers à la batterie.